Notre Capornade à Bréhat s’est merveilleusement déroulée. En voici pour preuve ces deux messages parmi  tant d’autres … « Quel bonheur que ces quelques jours de beauté, de mer, de chant, d’amitié, de bienveillance chaleureuse … et quelle chance d’avoir pu partager avec vous ces moments d’harmonie ! »…

« Mil gracias, y enhorabuena por la organización de las jornadas en Bretaña. Han sido formidables, y lo hemos pasado muy bien.
Para tí, para tu esposa, para Polo y Lolo y para todos los que han intervenido en la organización mi agradecimiento más sincero, tanto por mi parte como por la de Blanca.
Un fuerte abrazo y espero nos encontremos en Paris en diciembre. »

Port de Paimpol, 17 heures.

L’équipage de La Nébuleuse est au complet. Ils sont venus, ils sont tous là, les cap-horniers de France, de Germanie, de Galice ou de Castille, marins confirmés sur lesquels on peut compter… et les autres… Sur le quai, des curieux assistent au départ. C’est qu’il est beau notre bateau, de belles couleurs, des mâts élancés. Peut être aussi un équipage atypique ?

« Larguez les amarres ! » Cédric, Polo, Gégé sont à la manœuvre.

-  » Hop ! Hop ! Hop !  »

- « Qu’est-ce qui se passe ?  »

-  » La sous-barbe s’est prise dans le taquet !  »

Je demande : « C’est grave ? » Pas de réponse, mais la manœuvre continue. Ouf ! On part quand même ! La sortie du port demande toute l’attention du patron. Il faut passer l’écluse en évitant de gagner une pinoche. Polo et Lolo, membres éminents de l’A.P.O.C. (Association des Plaisanciers Ouvreurs de Coques) ne sont pas loin.

Ensuite, les consignes :

- On débarrasse le pont de tout ce bazar, les sacs, les vestes.

- On ne passe jamais derrière la barre sans l’autorisation du patron.

- Les toilettes, c’est en bas. Pour vous aussi, Messieurs, et c’est assis .

Cap sur Bréhat. Cédric raconte l’archipel de Bréhat (et non l’île de Bréhat, comme disent les Parisiens), une des meilleures écoles de navigation. Ses courants, ses cailloux et, à l’arrivée, son charme, sa lumière. Il raconte l’histoire de son bateau. Sa première vocation : la pêche au thon. Son nom, curieux et qui reste mystérieux. C’est une femme, participant largement à son financement il y a plus de 60 ans, qui lui donna son nom : « La Nébuleuse ». Femme d’affaire sûrement, mais dotée d’une imagination poétique.

Sébastien, le musicien, a embarqué avec nous et avec son accordéon. Son répertoire est vaste : chants de marins, chants de Bretagne, de Galice et d’ailleurs, Brassens, Aznavour, Belafonte… Il nous fait découvrir des trésors (Ah ! La Java des Malouins, quel régal !), répond à toutes les demandes. La chorale est réactive et sera vaillante jusqu’au bout. Les danseurs le sont un peu moins. L’infatigable Nicole impose un tel rythme qu’elle reste seule à pouvoir le suivre !

Tout le monde s’arrête, c’est l’heure de l’apéro. On ne rigole pas avec les nourritures terrestres et on peut dire que nous avons été bien traités aussi dans ce domaine.

Et quel décor ! Ce somptueux soleil couchant devant Bréhat ! Le maire lui-même, venu trinquer à bord, s’en émerveille.

Alors, bien sûr, de temps en temps, Cédric appelle au travail l’équipe de la grand voile, celle de la trinquette, celle du foc et il faut choquer, donner du mou, border l’écoute, haler les drisses et tenir le rythme : « Allez ! Un, deux, trois… Allez Javier ! un, dos, tres ! » Il faut aussi réussir à monter et descendre du Zodiac… Il faut maîtriser ses émotions lorsqu’on entend cette annonce qui fait craindre une catastrophe : « Attention ! Le bout s’entortille dans le blin

Chacun aura compris que je ne suis pas marin et pas près de le devenir. Mais je partage avec les marins le goût de la fête et ces trois jours de mer, de couleurs, de beauté, de gaieté, d’amitié chaleureuse ont été un grand moment et resteront un merveilleux souvenir.

GISÈLE MÉNARD

la nebuleuse                         

La presse locale s’est faite écho de notre passage dans l’archipel au travers d’un article de Magali Lelchat :
La Presse d’Armor du 14 septembre 2011